Image décorative : manuscrit de Gustave Flaubert largement rayé, corrigé et annoté.

Tu verras en V2 !

Ma phrase fétiche, celle que je répète le plus souvent à mes anges en écriture, celle qui finira sur mon épitaphe à ce rythme-là, c’est sans doute « Continue, tu verras en V2 ! ». Et c’est aussi une phrase à laquelle je crois très, très, très fermement.

Pas parfait ? Pas grave !

En fait, « tu verras en V2 », c’est ma manière fort peu empathique de dire « Ce n’est pas grave si ce que tu viens d’écrire n’est pas parfait. Déjà, c’est écrit, donc rien que ça, c’est top, bravo ! Et puis tu pourras toujours revenir dessus pour t’améliorer, ne t’en fais pas trop ! »

En fait, « tu verras en V2 », ça veut tout simplement dire qu’un premier jet n’a pas à être parfait. Voire même qu’il ne sera jamais parfait.

Car un premier jet, c’est (comme son nom l’indique) une ébauche, un brouillon. Rien de plus. Alors, oui, il sera plus ou moins abouti selon les auteurs, entre ceux qui suivent leur syno à la lettre (pas moi) et ceux qui sont partis d’une scène en écriture automatique et ne savent où ils font qu’après avoir posé le point final (totalement moi), entre ceux qui découvrent le monde au fur et à mesure et ceux qui ont tout préparé en amont, entre les auteurs expérimentés et débutants, entre une intrigue simple et un roman choral sur 10 continents…

Mais ça reste un premier document de travail. Et en tant que tel, il est forcément imparfait.

Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave. Du tout. Parce que ce premier jet, il est écrit, et c’est déjà génial.

Déjà parce qu’il a dégagé vos grandes idées, vos grands thèmes, que maintenant vous savez ce que vous voulez écrire et comment vous voulez l’écrire.

Mais aussi parce qu’on peut retravailler un brouillon, alors qu’on ne peut pas retravailler ce qui n’existe pas. #mercicaptainobvious

Alors, écrivez.

Il sera toujours temps après de vous retrousser les manches, de passer votre premier jet en bêta-lecture si vous voulez, et puis de le retravailler.

Corrections mon amour

De toute façon, écrire, c’est corriger. Si vous souhaitez publier, vous devez corriger. Et plusieurs fois, en plus.

Il y a les corrections que vous faites vous, pour passer de « brouillon » à « truc lisible ».

Il y a les corrections pré-soumissions, pour passer de « truc lisible » à « truc potentiellement publiable ».

(Bon, un auteur expérimenté et bien préparé peut passer de « brouillon » à « truc potentiellement publiable », mais c’est rarement le cas.)

Il y a les corrections éditoriales, si vous avez tapé dans l’œil d’un éditeur, pour passer de « truc potentiellement publiable » à « truc publié ». (À noter qu’un éditeur qui ne vous demande aucune correction, ou quasi aucune, c’est louche et peu sérieux. Il y a toujours des moyens d’améliorer un manuscrit, tant sur le fond que sur la forme.)

Donc, écrire, c’est corriger. Beaucoup corriger.

Et si ça déplait à certains·es auteurs·trices (hein, Louve Errante ?), moi c’est une partie que j’aime beaucoup. Parce que je ne sais jamais où je vais en commençant un projet, parce que je découvre les perso et leur monde au fur et à mesure. Donc je sais que j’aurais une énorme phase de transition « brouillon -> truc lisible », au cours de laquelle je vais devoir rendre cohérentes des choses qui se sont construites au fur et à mesure, souvent sans que j’en sois consciente avant que mon texte ne me le montre noir sur blanc. Et j’adore ça. J’adore donner à mon monde sa cohérence, trouver la logique dans les actes des personnages, quitte à changer leurs réactions et à réécrire tout ou partie d’un arc narratif.

En fait, j’aime corriger, parce que ça plait à mon côté perfectionniste. Celui qui dit « tu améliores le truc, c’est top ! ». Et ça tombe bien, parce que j’aurais de toute façon beaucoup à le faire.

Et donc ?

Et donc, si vous n’êtes pas convaincu par une scène, si un truc vous chagrine et vous bloque… Tentez le « tu verras en v2 ». Écrivez, écrivez, sortez votre premier jet ! Vous aurez tout le temps pour le polir après.

Commentaires

  1. Excellent conseil, des plus évidents mais qu’il est facile de perdre de vue. Merci pour cet article. ❤️ Perso, il tombe à pic pour tordre le cou à ma crise existentielle ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

elit. dolor. risus. quis, Praesent libero. commodo accumsan Sed